Culture, Patrimoine
Préserver le patrimoine ludique : rencontre avec l’association CVPL
Date de publication de la page et auteur de publication
Créé le:
Pouvez-vous vous présenter et présenter l’association ?
J'ai créé l'association pour la Conservation et Valorisation du Patrimoine Ludique (CVPL) en 2023 car je me sentais concerné à la fois par le patrimoine en général et, étant expert en jeu, j’ai pris conscience qu’il fallait aussi sauvegarder le patrimoine ludique, parce qu’il devenait fragile.
Beaucoup de jeux anciens ont des qualités de fabrication assez légères, ils s’abîment et peuvent disparaître. Je me suis dit qu’il fallait agir pour les sauvegarder.
L’un des objectifs de notre association, c’est de donner naissance à un musée des jeux, puisqu’il n’y en a pas en France, à part celui de la carte à jouer, qui reste spécialisé.
On sauvegarde des trains, des voitures, des œuvres d’art… alors pourquoi pas les jeux ?
À qui s’adressent vos actions ?
On essaie de parler à tout le monde.
Au sein de l’association, il y a surtout des collectionneurs, des chercheurs, des gens qui connaissent bien le sujet. Mais on s’adresse aussi aux passionnés de jeux, aux amateurs, et plus largement au grand public.
Aujourd’hui, le jeu connaît un regain d’intérêt important, notamment depuis le début du XXIe siècle et encore plus depuis le confinement.
Quel regard portez-vous sur le jeu aujourd’hui ?
Le jeu a beaucoup évolué. Il ne s’agit pas seulement de divertissement.
Certains jeux permettent d’apprendre, de développer la réflexion, et même d’être utilisés dans des contextes pédagogiques, comme les serious games.
Le jeu permet aussi d’apprendre à gagner, mais aussi à perdre. C’est un ensemble d’expériences qui prennent de plus en plus de place dans la société.
Pourquoi est-il urgent de préserver les jeux ?
Beaucoup de jeux ont mal survécu, notamment ceux du XIXe et du début du XXe siècle.
Même des jeux plus récents peuvent être fragiles. Les boîtes s’abîment, les matériaux se dégradent.
Cependant, aujourd’hui des milliers de jeux sortent chaque année, donc il est impossible de tout suivre. L’idée est de regrouper les passionnés pour préserver en priorité les jeux les plus intéressants.
Que proposez-vous lors du festival Emmenez-Moi ?
Nous présentons une exposition sur les 50 ans du jeu de rôle, avec 32 panneaux retraçant son histoire.
Nous proposons aussi une exposition et une conférence dédiées à François Marcela-Froideval, réalisées avec sa famille et ses proches. L'exposition comprend des panneaux, mais aussi des objets personnels et des jeux.
L’idée est de faire découvrir à la fois l’histoire du jeu de rôle et des figures importantes de ce domaine.
Il y aura aussi des tables de jeux de rôle, proposées par nous mais aussi par d’autres associations.
Les expositions vont-elles continuer après le festival ?
Oui, le but est de les faire circuler. Cela permet à la fois de faire connaître ces histoires importantes et de valoriser plus largement le patrimoine ludique.
Un dernier mot ?
Notre objectif est vraiment de provoquer une prise de conscience : les jeux font partie du patrimoine et doivent être préservés.