Culture
LAO : Un spectacle immersif entre lumière et nature
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Je suis Gabrielle Trevise, éclairagiste. Sur le collectif LAO Lighting, je me suis spécialisée dans la création lumière avec des lasers, avec une approche graphique que je développe en collaboration avec Léopold.
Je suis Léopold Roy, je compose la musique du spectacle, et nous créons ce projet ensemble.
Quand avez-vous créé LAO ?
Nous avons créé le collectif autour de 2018. Il s’agit d’une structure évolutive : nous travaillons principalement à deux, mais d’autres artistes nous rejoignent selon les projets.
Chaque spectacle permet d’intégrer de nouveaux artistes, ce qui enrichit la diversité de nos créations.
Le principe est de proposer des spectacles immersifs, son et lumière, entièrement dans le noir, au cœur de la végétation : en forêt, dans des parcs ou des domaines.
Chaque représentation est unique, car elle s’adapte au lieu. Les distances, les arbres, la configuration de l’espace modifient complètement la perception du spectacle.
Le laser est projeté sur les arbres, créant un effet de profondeur et une voûte lumineuse dans laquelle le public est immergé, en synchronisation avec la musique.
L’idée vient d’une première expérience de Gabrielle autour d’un spectacle laser à Londres. Cela nous a donné envie de créer un projet immersif mêlant musique et lumière.
Une autre réflexion est née lors de l’annulation d’un feu d’artifice en raison des risques d’incendie. Nous avons imaginé une alternative capable de créer de l’émerveillement autrement, en utilisant la lumière et la nature.
Nous avons alors commencé à expérimenter, jusqu’à une première représentation dans un petit village. L’accueil du public, a confirmé le potentiel du projet !
Nous réalisons d’abord un repérage, sur place ou à distance. Ensuite, nous étudions les contraintes techniques et environnementales.
Chaque site implique des adaptations : la lumière ambiante, la végétation, les conditions météo ou encore la saison. Par exemple, la présence de feuilles est essentielle, ce qui limite certaines périodes comme l’hiver.
Le travail de projection repose sur un principe d’anamorphose : les visuels sont recalibrés en fonction des formes des arbres et de la profondeur du lieu. Cela rend chaque représentation unique.
Nous avons participé au festival en 2022, au Jardin-Musée Bourdelle. Nous y avons présenté Le Trapèze des Âmes, un spectacle mêlant laser, musique et trapèze.
Le lieu nous a permis de travailler à la fois avec les arbres et les sculptures, en intégrant une dimension narrative et chorégraphique.
C’était une expérience très riche et un véritable défi artistique de se synchroniser avec la trapéziste.
Que proposez-vous pour cette édition du festival ?
Nous revenons avec une nouvelle création au Château de Paley : Entre ciel et mer, qui explore le thème de l’eau sous différentes formes : sécheresse, univers marins, paysages sonores inspirés notamment des baleines.
La création reste volontairement abstraite, pour laisser place à l’imaginaire et à l’émotion.